mercredi 15 août 2012

Mon dernier souvenir


Il y a un peu plus de deux ans, une personne influente dans ma vie perdait la sienne. Depuis, elle me manque. Oh! Je ne la voyais pas aussi souvent que je l'aurais voulu ou que j'aurais dû. On a toujours cette impression que les gens autour de nous sont immortels ou qu'ils vaincront la maladie. J'avais cette impression. Je n'ai pas vu ma grand-mère dans ses derniers jours et je le regrette encore aujourd'hui. Peut-être est-ce pour cette raison que le souvenir de notre dernière soirée passée ensemble reste si frais à ma mémoire?

« Entre Marie, entre! » Elle m'appelle toujours ainsi même si ce n'est pas mon prénom. Elle est la seule à le faire. En entrant, le parfum de la maison m'enveloppe. Un parfum qui me rappelle Noël, Pâques, la Fête des feuilles et tant de traditions familiales. Un parfum qui me rappelle les parties de cache-cache entre cousins au sous-sol, ces fous rires que nous avons eus en regardant un vieux livre des records Guinness et tous ces vieux livres que j'ai entrouverts et observés avec fascination. 



Elle a déjà sorti les photos que je suis venue regarder avec elle. Ce soir, elle va m'ouvrir son passé et me raconter ses souvenirs. Les boîtes trônent sur la table comme autant de coffres aux trésors. Nous nous installons côte à côte, le sourire aux lèvres. Je me sens privilégiée de ce moment qu'elle m'offre. Juste à moi. Elle me regarde avec affection, me demande comment je vais, me prend la main. Je lui demande comment elle va. Elle répond vaguement, change de sujet. Je comprends que ce soir c'est elle et moi. La maladie reste dehors. Je n'insiste pas. Nous attaquons les photos et les souvenirs, les anecdotes abondent. J'ai ainsi appris que mon grand-père, plus jeune, faisait partie d'un groupe de musique avec son frère et des cousines. Elle me raconte leur rencontre et leur voyage de noces. Elle me confie qu'elle aimait beaucoup danser avec mon grand-père et que ce dernier était un homme très fier.


Puis, cachée dans une pile de photos se trouvait une lettre. Dès qu'elle l'aperçoit, le temps s'arrête. Je vois ses yeux se voiler, sa main se poser sur son cœur et sa bouche s'étirer en un demi-sourire plein de tendresse. « Ton grand-père m'écrivait toujours lorsqu'il était loin de la maison... » Elle replie la lettre et la glisse dans sa poche. Je vois bien que ce souvenir-là l'a chamboulée un peu. Elle est pensive, assise droite dans sa chaise. Elle boit de l'eau et me sourit. Elle semble bien, heureuse. Je la serre, si frêle, dans mes bras, dépose un bisou sur sa joue et je la quitte, il est tard.



dimanche 6 mai 2012

Le vieux couple


Dans ma tête, tout défile comme un texte ou une bande dessinée. Dernièrement, je discutais couple avec une amie. Voici ce que cette conversation a donné comme réflexion dans mes pensées :

Aujourd'hui, deux personnes sont retombées en amour. Ils s'aiment depuis que je suis en âge de rêver d'amour. Ils ont été tour à tour prince et princesse, vedette de rock et groupie, acteur et actrice, coup de cœur du moment et moi... Ils ont été tout cela et plus encore. Oh! C'est un vieux couple que ces deux-là! Ainsi, entre deux pensées, leurs yeux se sont croisés, leurs sourires se sont épanouis, leurs mains se sont cherchées, leurs lèvres se sont trouvées et leurs cœurs se sont reconnus. Ils ont fait le choix, comme à tous les jours, de continuer à s'aimer.

Ils s'aiment encore. Alors, tout va bien.

jeudi 3 mai 2012

Diplômée, enfin!


Dans quelques heures, j'aurais terminé mes études en enseignement. À l'intérieur de moi les émotions se mélangent. Je suis heureuse et j'ai beaucoup d'espoir pour le futur. Je me sens fière de moi et de ma gang. Toutefois, je suis aussi anxieuse face à l'avenir et triste de quitter ma cohorte. Pendant quatre années, nous avons travaillé fort côte à côte pour y arriver. Malgré tous nos différends, nous nous sommes soutenues et j'ai un peu l'impression que nous sommes parmi les pionnières du campus de St-Jérôme. Par nos commentaires, nos critiques et nos batailles, nous avons ouvert la voie à une meilleure formation pour les prochains étudiants en enseignement à ce campus. Bien sûr, nous ne sommes pas toutes amies. Nous ne pouvons plaire à tout le monde. Malgré tout, j'ai le sentiment que nous sommes un peu liées et que, dès maintenant, nous partagerons d'excellents souvenirs. À force de côtoyer ces filles géniales jour après jour, j'ai appris à connaître des femmes fortes, fonceuses et prêtes à se battre pour leurs convictions et pour les autres. Ce contact fut très inspirant pour moi et je me dis que le monde de l'éducation dans les Laurentides va subir un choc avec l'arrivée de ces battantes en son sein. Les filles, je vous dis merci de tout mon cœur pour ces belles années et je ne vous souhaite que le meilleur pour la suite!

Bien entendu, je ne peux écrire un texte sur ma cohorte sans mentionner le seul et unique homme qui était parmi nous! Quatre années à étudier avec une cinquantaine de filles, il faut être fort. Cet homme a été le ciment qui nous liait toutes. Il a toujours œuvré, en tant que représentant de classe, pour notre bien-être et il a eu une écoute fantastique en toute circonstance. Ces années n'auraient pas été les mêmes sans lui. Merci David!

Dans quelques heures je vous retrouverais toutes pour notre dernier cours! Je vous promets que j'en profiterai jusqu'à la dernière minute. Pas parce que j'aime le cours, mais parce que ce sera le dernier en votre compagnie! Que les célébrations commencent!!!

Michèle xx     


dimanche 18 mars 2012

Insomnie, divagation ou le début d’une histoire à l’eau de rose?


1966. Dans un bistro parisien. 

La radio projette la voix de Sinatra :

 « Strangers in the night exhanging glances, wond’ring in the night what was the chances, we’d be sharing love before the night was trought…». 

L’homme est assis au comptoir. Élégant, cheveux gominés, regard profond et barbe fraichement rasée. Le costard taillé sur mesure et les chaussures bien cirées. Devant lui, l’expresso qu’il a commandé. De ses mains habiles il roule sa cigarette, la porte à ses lèvres et craque une allumette. La voilà! Derrière la flamme, la plus jolie femme qu’il ait vu. 

« Something in your eyes was so inviting, something in your smile was so exciting, something in my heart told me I must have you…».

Il sait déjà qu’il la séduira. Qu’elle est belle! Les cheveux tenus en un chignon serré, yeux de biche, lèvres carmin, renard argenté et robe noire. Sous la lumière, elle scintille et accroche le regard. Le sien parcours la salle et glisse sur les gens à la recherche de quelque chose, de quelqu’un. Leurs regards se croisent… 

« Ever since that night we’ve been together, lovers at first sight, in love forever, it turned out so right for strangers in the night…»

Strangers in the night, Frank Sinatra, 1966.

mercredi 29 février 2012

La lecture


La lecture

À douze ans, j’ai fait un grand voyage. Pas n’importe quel voyage toutefois. Non! Je suis allée à Paris, à l’hôtel de M. de Tréville où j’ai rencontré les trois mousquetaires. Avec eux j’ai chevauché jusqu’en Angleterre pour sauver la reine de France Anne d’Autriche et défaire les plans du machiavélique Cardinal de Richelieu et de Milady. Le Duc de Buckingham est devenu notre allié. Je suis tombée sous le charme d’Hortense Bonacieux et j’ai assisté à son meurtre. J’ai pleuré avec d’Artagnan et j’ai assisté à sa vengeance. J’ai fait la guerre à La Rochelle et servi le roi de France. Essoufflant voyage pour une jeune fille de douze ans! Heureusement, le tout s’est déroulé dans ma tête. C’est la découverte merveilleuse que j’ai faite l’année de mes douze ans. La lecture. La lecture pour moi seule, pas pour l’école, pas pour apprendre et surtout pas pour plaire aux autres! Pour moi, juste pour moi! Par la suite, je suis retournée à Paris au temps des huguenots, de la reine Margot et de son triste destin. Puis, j’ai suivi Edmond Dantès jusqu’au gouffre de la vengeance. Puis, j’ai fait la connaissance de personnages venant d’auteurs différents. Tous me firent vivre des aventures rocambolesques. Tous m’ont attachée de plus en plus à la lecture. Je pouvais rester des heures, même des journées entières, sur le divan à lire. Qu’il fasse beau ou qu’il pleuve, je lisais. Aujourd’hui, mes lectures se sont diversifiées. Je lis pour le plaisir et, grâce à l’Université, je lis aussi pour m’instruire. J’aime bien. Ça me fait sentir plus compétente. Donc, la lecture est vitale pour moi! Alors, est-ce que quelqu’un pourrait m’expliquer pourquoi je suis incapable de lire ce #!$?&* de livre d’initiation à la recherche en éducation???????? ARGH!!!!!!

dimanche 26 février 2012

Ode à la famille


Chaque fois que je sors d’un souper de famille, j’ai le sourire aux lèvres. Ma famille est tricotée serrée, comme on dit. J’adore ça! Autour de la table se trouvent les gens les plus précieux dans ma vie, ceux qui mettent du soleil dans les jours gris et du baume au cœur dans les moments difficiles. Ceux qui sont mes miroirs, qui me donnent une juste idée de la réalité, qui me garde les pieds sur terre. Il y a mes parents. Personnages les plus influents de ma vie, ils sont vrais, authentiques. Ils s’aiment et j’en suis fière. Ils m’aiment et j’en suis fière. Ensuite, il y a mon frère. Mon p’tit frère qui a grandi si vite! Il vit loin, mais le lien qui nous unit est toujours aussi fort! Ce soir, il a le regard amoureux, car sa copine est avec lui. Elle le rend heureux et juste pour ça je l’aime elle aussi.

Il y a aussi les soupers avec ma belle-famille. Ceux-là me rendent aussi heureuse que les précédents. Quand je m’assois à la table, je sens que j’ai ma place parmi eux. Ils sont chaleureux et aimants. Ils parlent fort, ne se prennent pas au sérieux et les rires fussent de partout! Mes beaux-parents sont des gens généreux et vrais. Ils s’aiment depuis longtemps et cet amour rayonne tout autour d’eux. Mon beau-frère est un farceur invétéré qui ajoute toujours du piquant dans une soirée. Il nous fait rire. C’est aussi un être chaleureux qui n’hésite jamais à offrir son aide. Il a le sourire aux lèvres ce soir puisque sa douce est avec lui. Elle le rend heureux et juste pour ça je l’aime elle aussi.

Enfin, il y a la petite famille que mon chum et moi formons. La petite bulle qui rend ma vie si belle. Ensemble, nous nous construisons un petit coin de paradis. Mon chum, c’est le meilleur. Il prend soin de moi. S’assure de mon bonheur. Il m’offre tout et ne demande rien. Des hommes comme lui c’est rare. 
À vous tous, je dis : « la famille, y’a que ça de vrai! ». Merci d’être des gens si exceptionnels. Merci d’ajouter du soleil dans ma vie. Je vous aime.